L'Atoll par excellence : le mythe du Robinson selon les guides touristiques. A 450 km au nord est de Tahiti, une bande de terre au milieu de nul part, parfois pas plus large que 10 mètres et comprenant 850 habitants : une route (créée pour la venue de Jacques Chirac) qui ne peut pas faire le tour puisqu'il y a deux passes (dont celle du Nord : 800 mètres de large,la plus large de polynésie) et des endroits inhabités où la terre s'est déjà affaissée sous le niveau de la mer : bref avec une "mer intérieure" présentant tout une gamme de couleurs au bleu, de surcroît peu profonde sur les bords donc idéale pour baigner les enfants... et la possibilité d'apercevoir des poissons exotiques du haut du premier ponton, voire des raies ou vieux requin autour des patates de corail : pas la peine de mettre la tête sous l'eau pour nos jeunes nageurs afin de profiter du spectacle.
Il n'empêche que cette réserve biosphère protégée par l'Unesco reste le rêve de tous plongeurs puisque les eaux poissonneuses attirent les gros à la sortie des passes et que évoluer sous l'eau à 28 °, avec la plupart du temps une visibilité dingue pour un spectacle digne des plus grands aquariums aussi bien en micro qu'en macro faune : le pied !
Première plongée tranquille pour se réadapter avec une variété impressionnante de poissons de toutes tailles et type d'écailles, seul comme ce poisson pilote qui accompagne Eric ou ce poisson pierre ou en bancs comme ces carangues, poissons perroquets ou ces poissons écureuils à gros oeufs planant au dessus de massifs coraliens d'une qualité exceptionnelle (attention, en deux ans ce biosystème peut être anéanti par un raz de marée, par les étoiles de mer qui en troupe s'attaquent au corail, par un tourisme commercial excessif : on dit que Fakarava est le Rangiroa d'il y a dix ans).
Seconde plongée dérivante en passe rentrante autrement appelée Ali baba au milieu d'une cinquantaine de requins gris, à pointes blanches du récif et clou du spectacle : deux raies manta au pallier en fin de plongée ! On peut aussi voir des requins marteaux voir encore des plus gros mais je suis ravie qu'ils n'aient pas montré leur bobine ! mais très fière d'avoir maîtrisé ma consommation (moins rapide que celle d'Eric pour l'occasion) devant ces pellagiques que j'ai toujours préféré observer de loin voire très loin seulement (n'est ce pas Laurence) ; les autres poissons ont défilé toujours dans le même coin sous nos yeux pour un temps suspendu dont on ne peut se lasser à vivre les instants c'est sûr mais à lire beaucoup moins (je vous épargnerai pour cette fois).
Sinon, nous vivons dans un bungalow les pieds dans l'eau et il n'y a vraiment pas foule : la plupart des pensions sont fermées : les propriétaires partis en vacances et les notres aussi ! nous découvrons que l'établissement a réouvert pour notre arrivée... et que le centre de plongée attenant est fermé : qu'a cela ne tienne, nous sommes avec le personnel d'entretien à nous faire gaver à la polynésienne : au moins deux plats principaux à chaque diner (sans parler de l'entrée) et des poissons aux tailles astronomiques : il faut alors penser à ajuster le nombre de plombs pour les plongées du lendemain (trop dur la vie sur cette île) ! Le midi, le propriétaire du snack vient nous chercher en voiture sur demande et pour la plongée, nous allons dans l'hôtel grand Luxe à l'autre bout de la plage ! Pour le village, il faut pédaler sous une chaleur un peu accablante mais l'avantage du lagon, c'est que la mer est partout ! C'est trop pour vous : on vous a dégoûtè ? alors voila les deux seuls inconvénients en ce paradis : les prix et cela surpasse toutes nos estimations ! ceinture pour les prochaines destinations ! et en cette période : les moustiques (nous sommes juste après la saison des pluies) et les serpentins, moustiquaires et autres répulsifs ne viennent pas à bout des ces colonies de moustiques qui apprécient particulièrement nos peaux blanches et moelleuses et nous font livrer des combats en pleine nuit dignes de Kung Fu Panda !
Autre excellente réputation de l'île : la perliculture. Autrefois, galvanisée par la mode dans les années 90, l'île comptait 20 fermes, il n'en demeure plus que 4 aujourd'hui ; les exportations se font essentiellement vers le Japon (qui revend à la Chine sous la dénomination : Made in Polynésie, île du Japon...) et sont réputées de très belle qualité ; nous avons suivi le processus d'extraction et de greffe sous l'oeil inquisiteur de la maîtresse de maison qui nous a assez vite conduit à sa boutique : autant dire qu'elle n'a pas fait d'affaires avec nous !
Nous repartons des couleurs marines et sous marines pleins les yeux, quelques grammes (ou kilos nous n'avons pas de balance) en plus, et évitons de justesse le rappatriement à altitude 0 vers le caisson du fait d'une crampe suspecte à ma jambe à la suite d'une plongée : rassurez vous ce n'est donc pas un accident de décompression, suite au prochaine épisode !
A noter : pas de banque ni de distributeur sur l'île, un dispensaire avec infirmière (le médecin ne vient que 4 fois l'an), un seul hôtel (accepté par le conseil des anciens) respectant l'environnement et la végétation pour éviter les bungalows sur pilotis mais des pensions chez l'habitant, attention à la consommation d'eau (bien précieux comme sur toutes les îles environnantes).
de retour à TAHITI
Cette point ci, plus une halte médicale puis qu'attendue aux urgences pour confirmer que les bleus apparus sans douleur à la suite d'une plongée ne sont pas les signes d'un accident de décompression : diagnostique d'un hyperbariste.
les photos
Création: Eric Monge