La côte Est est beaucoup plus sauvage et changeante entre mer, rivières et montagnes. Les plages sont tantôt blanches, grises, noires ; les ponts sont parfois très étroits, parfois très élaborés à l'ancienne avec structures métalliques (comme le pont Eiffel) et nous passons ainsi Ponerihouen et Poindimié en alternant en baignade à la mer et en cascade (comme les chutes de Pombei ou la cascade de Napoemien). Les gens aiment rendre service et quel bonheur de se voir dire bonjour partout ou l'on passe : on se sent autrement plus considérés chez les Calédoniens que dans la capitale, sans pour autant sentir une gène car les évènements semblent lointains et le référendum sur une éventuelle indépendance en 2014 tout autant (on imagine presque que 2014 signifie ici Saintglinglin).
Sauf peut être à Hyenghène qui, (son nom signifie "pleurer en marchant"), a été marquée par l'histoire : déjà à l'époque des premiers missionnaires, ensuite du fait de déplacement de nombreuses tribus pour distribuer les terres aux colons à des fins agricoles, du boycott de 1984 et des évènements de 1987 ; c'est d'ailleurs ici qu'est né Jean Marie Djibaou.
A l'approche de la ville, on longe la rivière et d'immenses blocs de roches volcaniques noires effilées en leur sommet où viennent se nicher roussettes et buses. S'approchant de la baie, le point de vue du belvédère met en évidence les formations rocheuses telles la poule couvante ou le Sphinx, mais aussi le point culminant de l'île avec le Mont Panié (1629 m) accrochant les nuages. Dommage que la grotte de Lindéralique soit fermée car elle est semble-t-on nous dire superbe mais la tribu ne donne plus l'accès.
En remontant le long de la côte, on passe par le denier bac en vigueur car la tribu locale préserve cet endroit sacré et ne souhaite pas la construction d'un pont. Après la cascade de Tao (chute de 100 m dans une végétation luxuriante), nous rencontrons un couple franco suisse qui tente de se poser après avoir beaucoup bourlingué et d'installer un snack en accord avec les tribus environnantes. On échange ainsi en faisant durer le plus longtemps possible le repas.
La route est belle et les petites cabanes sur le bord de la route proposent en vrai libre service (= sans vendeur) des fruits /coquillages/statues sur lesquels le prix est mentionné et une cagnotte est mise à disposition.
On s'éloigne ainsi de la côte sauvage par la route Nord en apercevant de loin le massif coralien qui prend ici la forme de la gueule d'un requin vue du dernier col (la Nouvelle Calédonie compte le plus grand massif corallien au monde).
Création: Eric Monge