Pour les amoureux de grands espaces en tout genre, c'est un pur régal !
Nous avançons au plus vite sur la remontée à Uyuni car nous avons déjà visité les Monte rico et l'arrêt dans le village de Butch Cassidy ne nous inspire pas vraiment... Petite Halte obligée à Uyuni pour organiser le tour privé entre la frontière bolivienne et San Pédro de Acatama au Chili avec les membres de la voiture suiveuse (nous partageons les repas) et nous filons au plus vite vers le cimetière de trains, découvrir les premières locomotives boliviennes dans ce qui fût le noeud de la circulation ferroviaire entre le Chili, l'Argentine et la Bolivie : principale activité économique de ce pueblo (= village) avant les tensions avec le Chili, la chute des exportations de minerais et l'arrivée des touristes. Ces monstres rouillent à 3800 m d'altitude depuis 80 ans...Pour les amateurs de photos, c'est une chouette étape !
La voiture file ensuite vers le Salar pour le coucher de soleil ; petite visite de notre hôtel de sel + un mate (=thé) de coca pour l'altitude et nous approchons les fameuses croûtes de sel qui changent d'aspect en fonction de l'intensité et des couleurs des derniers rayons de soleil. Comme cela ne suffisait pas: un lever de soleil dans le salar s'imposait pour Eric et un couple d'Anneciens que nous découvrons au fur et à mesure des haltes. La journée complète est consacrée au Salar et il est difficile de se lasser de ces étendues de sels à perte de vue qui font apparaître des mirages (nous sommes en saison des pluies mais elle se fait attendre et pourtant,les volcans à l'horizon semblent se baigner dans des lacs imaginaires). A noter, il s'agit certes des meilleures routes de Bolivie car le salar est plus praticable que les pistes remplaçant les routes mais attention à l'orientation (aucune indication) et aux Ojos de agua (trous de 1à à 30 cm de diamètre d'où remonte l'eau qui sommeille entre les couches de sel et peuvent faire basculer un véhicule = danger). Le Salar est formé d'une superposition de couches de sel, variant de 2 à 20 mètres. La quantité de sel existant dans la saline est évaluée à 10 milliards de tonnes et est exploitée à hauteur de 25 000 tonnes par an. A noter , entre autres richesses exceptionnelles du Salar d’Uyuni, on trouve le lithium (1/3 des réserves mondiales), mais aussi une importante concentration de potasse, borax et magnésium. La Bolivie a juste quelques difficultés à gérer au mieux ces ressources par manque de compétences et se fait exploitée par les investisseurs étrangers.
Une petite marche vers l'île au poisson (n'y cherchez pas des truites, le lac a disparu il y a plusieurs milliers d'années et le nom a été donné par la forme de l'île au loin dans les mirages). elle est "peuplée" de cactus millénaires qui poussent de quelques milimètres par an (pour atteindre maintenant deux à trois mètres) et de formations rocheuses recouvertes de coraux de tailles impressionnantes à une altitude des plus insolites pour nous plongeurs.
Une nouvelle nuit dans un hôtel de sel (on vous rassure, il y a des matelas) et changement radical de relief pour le Sud Lipez : ambiance toujours désertique mais de pierres présentées alternativement sous forme de dunes (circuler par ses propres moyens ne semble définitivement pas jouable), de volcans (dont le Ollagüe, encore actif, parmi les plus élevés au monde à 5865 m), ou de formes plus excentriques comme l'"arbol de piedra" (arbre de pierre, ou le désert de Salvador Dali) sculpté par le vent et les pluies.
Au petit matin, découverte des geysers et ses gammes de couleurs lunaires, des sons étranges, soit une atmosphère sulfureuse, avec ses odeurs sympathiques : nous sommes légèrement sous tensionn, avec les enfants, ne sachat comment devancer les réactions de ces marmittes sous pression, indomptables...
Pour finir, après une baignade dans les Aqua Callientes à quelques 30 degrés (dur de sortir), Une somptueuse série de lagunes avec des couleurs irréelles parmi lesquelles la Colorada (à 4300 m d'altitude, véritable palette de couleurs rouge, bleue, blanche qui change de couleur au fur et a mesure de la journée et sert de refuge pour différentes espèces de flamants roses, ou blancs...), la blanca (non, ce n'est pas du sel mais du boraz), la verde (baignade s'abstenir : acide arsenique selon le guide).
Création: Eric Monge