Après deux jours de récupération à Lake Entrance, on reprend la route pour Mallacoota.
Comble du voyage : on ne pense qu'à la chance que ces découvertes nous procurent ; Sollicités par l'adaptation aux différents pays (mode de vie, langues, caractères, monnaie, nourriture), la gestion logistique parfois pesante du voyage (itinéraires, organisation des étapes, ravitaillements, lessives, repas, traitement photos), les documentations parfois indigestes sur nos visites, les enfants (s'en occuper 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 surtout pendant les trajets en transport en commun, les écouter d'autant plus en pays non francophones, les porter, être vigilants à leur sécurité, rythme, humeur, les cajoler), nous sommes par moment assailis par la fatigue sans crier gare et on a beau la chasser, une certaine lassitude pointe, d'autant que si les rencontres sont enrichissantes, elles sont souvent éphémères et les amis, les proches qui nous connaissent par coeur manquent de plus en plus, le pays aussi .. surtout la diversité d'alimentation possible et les fromages qui puent !
L'enchaînement des étapes vire à l'accumulation et nous passons par l'étape bien connue de la perte de repères spaciaux, temporelles et affectives ...
On se sent loin des vacanciers au repos sur les plages et on adopte définitivement la casquette de voyageurs, quoique cela nous en coute... de fatigue bien entendu, pour le reste, nous ne sommes pas à plaindre et profitons de la chance que nous avons de vivre cette expérience en imaginant bien que vous seriez en droit de vous gausser de notre baisse de régime .... si vous pouviez être avec nous nous verrions les choses autrement : c'est sur ! vous manquez un point c'est tout !
Quoiqu'il en soit, nous ferons de belles ballades sur ce bras de mer coincé entre deux lacs et la Mer, avec une végétation décrite comme méditerranéenne, avec un maquis à l'approche de sa grande plage de sable blanc ; au retour, magnifique coucher de soleil sur la baie avec les pélicans qui attendent le retour des pécheurs pour espérer récupérer quelques excédents de poisson et je ne sais pas si nous ressemblons à ces pélicans mais nos voisins nous offrent également un peu de leur pêche du jour! On aura en vain cherché l'oiseau lyre, capable d'imiter les autres animaux, voir même des bruits humains comme un train ou une tondeuse a gazon. Bien que gros comme un paon, l'animal reste discrêt : dommage.
Création: Eric Monge