Le choc : au détour d'un virage après le plateau andin, une vallée immense où se tassent les maisons comme en Inde, sur des pentes vertigineuses, avec au centre des grattes ciel, le tout dans une ambiance brique et une densité comme rarement rencontrée jusqu'alors . Impensable et très intrigant. Nous sommes déposés a la hâte, à moitié sur la route, à côté du terminal terrestre et avons un peu de mal a nous repérer avec Marie et Michael quand nous mesurons, sur divers plans, l'étendue de la ville. Ici, pas de place des armes, pas de e-Peru (informations touristiques officielles), nous devons nous adapter a la Bolivie. Nous devons aussi nous frayer un chemin en tant que piéton dans la conduite quelque peu anarchique de cette grande ville et demandons au final à un taxi de nous jeter sur une place centrale avec hotels pour diverses bourses.
Sur les recommandations du chauffeur, nous marchons en file indienne dans les rues en pente pour surveiller mutuellement toutes nos affaires dans cette ville où la pauvreté est connue et la tentation grande ...
Nous posons nos valises a la Posada de la Abuela, chère mais reposante et au centre des visites de la ville.
O miracle, nous arrivons à retrouver nos deux francais après un jeu de piste pour diner ensemble.
Demain, chacun repart de son côté .
Eux vont découvrir les ruines de Tiwanaku ; nous restons en ville pour reposer les enfants, qui sait si nous nous reverrons ?
Apres une bonne nuit réparatrice , petite surprise en sortant : nous découvrons chez les marchands de la rue des bébés lama séchés, des pierres aux motifs spéciaux : en fait, nous sommes proches du marché aux sorcières (forts sympathiques au demeurant et discrêtes) qui nous promettent fortune, amour, santé et autres pour l'achat de leurs objets de culte aymaras. Les Aymaras forment la communauté indigène la plus nombreuse de la Bolivie. Convertis au catholicisme par les espagnols ils n’en conservent pas moins des croyances ancestrales vénérant la Pachamama, la déesse de la terre, le soleil et de nombreuses autres divinités représentant les éléments ou la nature. Les Aymaras se rendent au Marché des Sorcières pour y trouver des remèdes maison, des herbes et toutes sortes d’ingrédients qui leur permettront de faire des offrandes aux esprits et au dieux ancestraux.
Nous visitons le Musée des métaux précieux où enfin nous trouvons quelques masques, couronnes et autres bijoux incas en or pré incas.
Profitant de la grande ville, nous faisons quelques emplettes nécessaires pour les enfants : chaussures pour Léo (les pointures semblent plus petites qu'en France, ce qui nous permet de lui trouver des chaussures de marches) et lunettes de soleil, chaussettes pour Max (perdues lors les multiples nettoyages), et visitons le mirador et son parc : dommage les jeux pour enfants ferment à 14 heures...
Nous partons, grâce à une agence, en bus, à l'assaut de la cordillère Réale pour battre un nouveau record d'altitude à 5200 m pour les enfants et 200 de plus pour nous; autant dire que cela nous a un peu coupé le souffle mais la vue est splendide. Nous ne ferons pas de ski, le glacier a presque disparu avec le réchauffement planétaire ; de toute façon, on avait pas l'équipement...
Un petit tour à la Vallée de la Luna nous rappelle un peu l'ambiance des parcs nord américain de type Bryce avec la ville à deux pas et ça aussi, c'est la surprise!
Nous découvrons un restaurant à la déco typiquement conquistadores qui jouxte le Musée de la Coca, fort intéressant aussi bien pour apprendre comment elle est cultivée, consommée de façon locale, sa place dans la société (un champ de Coca est une des premières acquisitions d'un jeune couple et permet un moyen de subsistance toute la vie), ses pouvoirs magiques, thérapeutiques (l'huile essentielle qui en était extraite servait d'anesthésiant pour les trépanations au XIIIème siècle), ses vertues contre l'altitude (amélioration des capacités respiratoires par augmentation des alvéoles), et contre l'occupant (elle permit en secret de résister au joug des espagnols qui en 1650 en interdisent la consommation sous l'inquisition puis la rétablissent en vue d'améliorer les rendements dans les mines), ses dérives : avec la découverte de la cocaine, de la dépendance créée par sa version chimique en gériatrie notamment... aux Etats Unis dans les années 60.
Aujourd'hui, 16 pays sont producteurs et consommateurs de cocaïne légale (via la bien connue marque de soda ; la France apparait à ce titre en 2nde position) mais on ne compte parmi eux ni le Pérou, ni la Bolivie... cherchez l'erreur !
Un dernier tour en ville pour apprécier l'animation des vendeurs ambulants qui se regroupent dans une même rue par spécialité peinture, casquettes, éviers, colliers pour animaux...
Création: Eric Monge