Après un petit scandale auprès de la compagnie de bus (nous ayant refilé pour 25 soles des billets d'une autre compagnie, pour un trajet en réalité non direct et pour un prix imprimé de 15), nous oublions vite ces désagréments car la route entre les deux villes est superbe et la pluie qui s'annonce (nous passons en saison humide) agrémente le plateau andin à presque 4000 mètres d'altitude de couleurs et de contrastes splendides qu'il nous est malheureusement très difficile de photographier du car aux vitres sales et sans fenêtre (nous étions pourtant renseigner pour louer une voiture mais trop chère pour notre budget : prix de base 80 dollars) : nous reviendrons donc sur les hauteurs de Pukara !
Puno est la capitale en quelque sorte des rives péruviennes du Lac Titicaca (en Quechua "Puma de Pierre") et nous n'avons pas de difficulté à nous loger pour des prix modiques car les touristes sont ici beaucoup plus rares (60 soles au lieu de 55 dollars, taux de change : 2,8). Si la vue sur le Lac n'est pas à couper le souffle, et les rives pas des plus écologiques (= pas la priorité économiquement parlant ici), la lumière est cristalline et nous allons visiter les ruines pré incas de Sillustani : situées à 34 km de Puno, c'est une des zones archéologiques les plus grandes d'Amérique. Les Chullpas, impressionnants monuments funéraires qui s'y trouvent et qui ont été construits par les Collas, mesurent plus de 12 mètres de haut. Véritables cocons, ils renferment les momies et sont différentes en fonction du statut hiérarchique du défunt. Le paysage environnant rappelle pour un peu l'Ecosse et ses highlands, avec ses lacs, en moins verts au demeurant.
De retour à Puno, nous nous arrêtons pour visiter une ferme typique de la région et nous préparons à nous d'embarquer pour les îles dès le lendemain.
Le tour est organisé (aucune possibilité de circuler d'île en île autrement, 60 soles pour deux jours par l'hôtel) ; nous sommes d'abord ravis de rencontrer le peuple Uros, vivant sur les îles flottantes (après avoir coupé les tiges de Totora à leur base, ils recouvrent les racines de deux mètres de roseaux avant de construire leur huttes en pointe pour la version traditionnelle, en base carrée pour la version moderne : plus spacieuse) et testons leurs embarcations en même matériau pour leur stabilité avant de se voir présenter tous ce qu'ils leur est possible de vendre et de se faire saluer, dans une dernière danse, pour nous faire tristement rappeler que nous ne sommes que des touristes de passage. On peut plus légèrement noter que sur le Lac Titicaca, les bateaux à moteur n'ont pas le feu au Lac (15 km/heure de moyenne) et nous arrivons pour déjeuner à 15h30 chez l'habitant sur l'île de Amantani. Menu frugal à la clé, pour ces agriculteurs et éleveurs, pas encore tous équipés d'électricité (notre famille l'a depuis seulement 3 ans, à partir de panneaux solaires pour la modiques somme de 600 dollars). Fatigués par notre ascension en haut du village, ce qui amuse notre hôtesse continuant à marcher en tricotant comme si de rien n'était, je reste avec les enfants au village pendant qu'Éric explore les temples de PacchaTata dans les hauteurs du volcans. La vue sur les monts enneigés est superbe et nous nous retrouvons pour un dernier repas (essentiellement soupe au quinoa) avant de sombrer dans le sommeil. Nous faisons l'impasse sur la soirée folklorique et son manège de politesse un peu forcée, car lié au tourisme organisé. Nous avions prévu beaucoup d'affaires pour lutter contre le froid mais notre hôtesse a prévu pas mal de couches de couvertures : 4 au total, on devrait survivre. Petit dej continental mais nous devons déjà repartir, le bateau attend : dernier au revoir et nous voguons sur un lac un peu plus agité que la veille : ce qui ne dérange pas les enfants (merci l'entraînement aux Galapagos) mais les autres membres du groupe plus sûrement !
Pas mécontents d'arriver sur Taquile et son petit côté méditerranéen avec ses eucalyptus, ses lauriers, ses cultures en terrasses et le folklore préservé par les habitants tant d'un point de vue vestimentaire (costume traditionnel pour la grand majorité tant il est vrai que l'île est réputée pour l'artisanat textile) que linguistique (essentiellement le quechua) que pratique (pas de voiture, encore moins d'électricité et ici, pas d'hôtel, hébergement à la bonne volonté de l'habitant). Le chemin est escarpé et culmine à 3950 m d'altitude mais il ne faut pas traîner ; le guide nous fait manger cette fois ci à 11 heures pour repartir peu de temps après vers l'avant de l'île et rejoindre le bateau. Les paysages sont magnifiques. Nous remettons les pendules à l'heure à notre guide assez pressé de rentrer le plus vite possible à Puno soit 15 au lieu des 16 heures vendue par l'agence. Nous recevons le soutien de deux français qui ont essayé de rester plus longtemps dans les îles et se le sont vu refusé par l'organisation touristique bien huilée des tours opérateurs et ont été contraints de rejoindre notre groupe pour les découvrir par les sentiers officiels. Les autres membres du groupe ne semblent pour leur part pas préoccupés de perdre une heure précieuse sur ces îles... dommage, nous ne faillirons pas à la tradition française de râler quand on est pas satisfaits.
Nous prévoyons de revoir les français pour les étapes suivantes...
Création: Eric Monge